Olivia Grandville

La Spirale de Caroline

Les productions chorégraphiques d’Olivia Grandville sont à la mesure de son parcours personnel, animées par la question du langage, de ses expressions corporelles, orales, écrites, visuelles, sonores…

Les modes de compositions dépassent la reproduction de formes et de techniques préétablies. Elle ne cherche pas à définir un style, ou à transmettre une gestuelle, mais à passer ou à saisir des qualités ou des principes de mouvements, et à les organiser en structure partitionnelle.
À ce titre, les spécificités de chaque interprète, leurs propositions personnelles, de même que la mise en jeu de citations chorégraphiques, peuvent entrer dans l’écriture. Écriture ici revendiquée comme chorégraphique, en tant qu’elle régit avant tout l’organisation spatiale et temporelle du plateau. De même, les différents médias du spectacle : la danse, le son, l’espace scénographique, éventuellement le texte ou l’image, coexistent à valeur égale dans l’élaboration du sens de la pièce.
Si les années 2004 /2008 ont été consacrées à un travail spécifiquement musical, depuis 2010, avec la création d’Une semaine d’art en Avignon, Olivia Grandville renoue avec des modes opératoires qui lui sont familiers : une inspiration littéraire, des formes qui croisent texte et danse dans une organisation « concertante ». La question de la mémoire y est présente et traverse également des pièces comme Ci-Giselle, ou le Cabaret discrépant. Loin de toute nostalgie, il s’agit d’interpeller la danse d’aujourd’hui, de réactiver par l’analyse critique du passé, les conditions de son renouvellement. Ce sont ces questions qui l’occupent aujourd’hui et président aux créations récentes de FoulesCombat de Carnaval et CarêmeÀ l‘ouest, ainsi qu’aux futures: Le Dance-Park (2019) ou Guerilla ( 2019 – pour le Ballet de Lorraine).

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Olivia Grandville
Née en 1964, Olivia Grandville reçoit une formation classique à l’École de danse de l’Opéra de Paris et intègre en 1981 le corps de ballet où elle obtient le grade de sujet dès 1983. Entre 1983 et 1988, elle a l’opportunité de traverser, outre le répertoire classique, des œuvres de Balanchine, Limon, Cunningham, de participer aux créations de Alvin Ailey, Karole Armitage, Maguy Marin, Dominique Bagouet, Bob Wilson…
En 1988, elle choisit de démissionner pour se consacrer à la danse contemporaine. Après une création avec J.F Duroure, elle rejoint la compagnie Bagouet en 1989 et participe à toutes les pièces jusqu’en 1992. Elle commence alors à mener ses propres projets auxquels elle se consacrera totalement à la mort du chorégraphe. Elle est membre fondateur de l’association Les Carnets Bagouet, et participera à cette aventure jusqu’en 2002, continuant à prendre en charge par la suite divers remontages, notamment ceux de So Schnell et Jours Étranges en 2007 pour le Ballet de Genève.
Impliquée également dans l’association des « Signataires du 20 Août », Olivia Grandville continue de développer son travail personnel pour lequel elle reçoit le prix Nouveau talent de la SACD en 1996. Elle coréalise également avec le metteur en scène Xavier Marchand diverses pièces, notamment Le K de E et Beaucoup de colle… autour du l’œuvre de l’artiste et auteur Kurt Schwitters, et un projet au long cours autour de la culture arménienne, effectuant plusieurs voyages entre 1999 et 2002. Ce projet donnera naissance à deux créations Sept miniatures pour Paradjanov et Paris-Yerevan.
À partir de 2004, Comment Taire inaugure une période de recherche mené avec l’Ircam, autour de la captation du geste dans un environnement de traitement de son. Ce travail se poursuivra avec Octa 7 pour le jeune ballet de Lyon, puis My Space en 2008 au Centre Pompidou.
En 2010, le Ballet national de Marseille lui passe commande d’une pièce sur pointes, Ci-Giselle. La même année, une autre commande du Festival d’Avignon, donne naissance à Une semaine d’art en Avignon dans le cadre des Sujets à Vif. Le Cabaret discrépant, fruit d’un travail de recherche autour des partitions chorégraphiques lettristes, y sera présenté l’année suivante, en 2011. En 2012, Cinq Ryoanji, chorégraphie en dialogue avec les pièces éponymes de John Cage est créé en collaboration avec l’ensemble de musique contemporaine ]H[iatus. Entre 2013 et 2016, elle crée plusieurs pièces qui mettent en jeu un seul interprète : elle met en scène un texte de Grégoire Bouillier, L’invité mystère, dans le cadre du festival Actoral, crée en février 2014 Le grand jeu – solo « sous influence » en dialogue avec le cinéma de John Cassavetes et la figure de Gena Rowlands – puis, suite à une commande de Théâtre Ouvert, elle crée Toute ressemblance ou similitude d’après un texte d’Aurore Jacob. Dans le même temps, elle engage les projets plus volumineux que sont Foules – création pour une centaine d’amateurs – créé en 2015 et Combat de Carnaval et Carême, créé en janvier 2016 au Lieu Unique puis présenté notamment à la Biennale de la Danse de Lyon, dans le cadre du Focus danse, ainsi qu’aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis (2017).
Installée depuis 2011 en Pays de la Loire, plus précisément à Nantes, la compagnie est conventionnée avec la DRAC entre 2017 et 2019. De même, Olivia Grandville est artiste associée au Lieu unique, scène nationale de Nantes, pour les trois saisons. Elle prépare sur cette période deux nouvelles créations : À l’ouest, qui sera créée au lieu unique en mai 2018 après une première version présentée à la Ménagerie de verre en 2017, puis A la colle (saison 2018-2019) une reprise et remise en jeu avec le metteur en scène Xavier Marchand de leur pièce commune Le K de E. Parallèlement à son travail de chorégraphe, elle est aussi enseignante, improvisatrice, et interprète, notamment auprès de Vincent Dupont (Incantus 2007) et Boris Charmatz (Flipbook 2008, La levée des conflits 2010, 20 danseurs pour le 20ème siècle 2012). Elle collabore régulièrement avec le Musée de la danse, récemment pour la mise en œuvre de Roman Photo, version pour amateurs de Flip Book, qu’elle a mis en scène en 2013 au TU de Nantes, et pour laquelle elle a été sollicitée à La TATE Modern de Londres (2014), puis à La Biennale de Venise (2014). Elle collabore en 2016 avec César Vayssié dans la performance Coproud, présentée à la Fondation Louis Vuitton dans le cadre de la FIAC puis à la Ménagerie de Verre.

Le Koréoké

Argentique

Le cabaret
discrépant

Foules

Combat de carnaval
et carême

à l’ouest

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