Wax

création 2019 / Durée : 1h

Tidiani N’Diaye

« A l’origine une réflexion sur mon travail, toujours la même, formulée de mille et une manières : la recherche systématique de la tradition africaine, de la danse noire, de la revendication de mon africanité.

Jusqu’à présent dans mon travail, j’avais toujours préféré distinguer le poétique du politique, pensant peut-être naïvement que cela me protègerait de certains débats.
M’est alors revenu en mémoire La Caverne de Platon. Une des leçons du mythe est que s’émanciper n’est pas chose facile. L’homme, prisonnier enchaîné, ne distingue que des ombres sur la paroi de la caverne, prenant pour acquis que le monde est cette image projetée. Les phénomènes sont des apparences et partant on n’y voit qu’une simple surface.

La surface est évidente : c’est le wax. L’image même du « tissu africain ».
Le wax a été produit au XIXeme siècle par les colons hollandais s’inspirant du batik javanais, dans le but de créer un produit spécifique pour la consommation « africaine ». Les motifs ont été dessinés par les européens pour faire « africain ». Le wax est l’expression complexe de la dépendance et de la domination coloniale, de la violence sourde et durable, c’est aussi une revendication car aujourd’hui le monde a intégré l’idée que ces tissus sont « africains ».

Dès lors la scénographie de la pièce apparaît comme une évidence, une scène recouverte de wax. Voici le point de départ de notre histoire, une image forte, belle envoûtante…la paroi de notre caverne. Perchés sur des balançoires deux danseurs ont les yeux bandés. Jusqu’ici tout va bien, un chorégraphe africain, des danseurs noirs, un tissu wax, c’est beau, c’est convenu, l’illusion est parfaite…

Wax est une pièce qui se joue des codes de nos sociétés contemporaines, qui interroge le rôle de spectateur perpétuel dans lequel l’occident enferme peu à peu les individus, la société des témoins. Elle questionne la mise en scène de soi jusqu’’à l’absurde, jusqu’au point où la communication aseptisée vient remplacer le dialogue, la négation du corps découpé en morceaux choisis pour être exposé. La mise en scène peut mettre le spectateur dans l’œil d’un photographe, l’installation du wax faisant clairement référence à un studio photo. » Tidiani N’Diaye

Distribution et production

Chorégraphie : Tidiani N’Diaye
Avec : Souleimane Sanogo et Louis Clément Bola Da Costa
Scénographie: Tidiani N’Diaye et Pauline Brun

Production : copier coller
Coproductions :  PAD / Nathalie Béasse, Angers ; La Place de la danse, CDCN de Toulouse-Occitanie.
Soutiens & résidences :  Honolulu, Nantes.

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