CHOEUR

Choeur convoque une éclairagiste, une musicienne et une chorégraphe au plateau. On dé-hiérarchise les corps, on danse ensemble, on respire ensemble. La beauté d’un moment à vivre avec le reste du monde.

« Chœur  est une forme vivante créée avec ses participant.e.s. Ici on tente de dé-hierarchiser les corps. Pour sa première tentative, Chœur convoque une éclairagiste, une musicienne, une chorégraphe : chacune sa voix mais tout le monde peut se saisir des outils de l’autre.

Quelques jours de pratiques, de rencontres, de dialogues pour faire jaillir une forme qui pose des corps, un chœur, des voix, un groupe, des modèles, des coups de gueules et toute la beauté d’un moment unique à partager avec le reste du monde. »

Audrey Bodiguel

Contre-forme

Contre-forme est une forme chorégraphique et plastique issue du projet de recherche Desport. Cette recherche immersive en milieu sportif a lieu tout au long de l’année 2023 au Paris Université Club et dans des clubs sportifs de région, dans le cadre du dispositif Artistes et sportifs associés de ville de Paris et du département de la Seine-Saint-Denis. Elle est menée par trois artistes chorégraphiques et analystes, du mouvement : Marie Orts, Talia de Vries et Roméo Agid et une plasticienne : Goni Shifron . Ensemble, en immersion, les artistes et analystes du mouvement vont, en observant les entrainements et les compétitions de sports, analyser, extraire et rendre visible le potentiel chorégraphique des gestes sportifs.

Le terme « contre » exprime un mouvement vers, un contact étroit ou encore un choc advenu au terme d’un déplacement. C’est aussi l’inversion, l’opposition par rapport à une première orientation ou une première action. La contreforme est l’espace intérieur des lettres mais aussi la forme destinée à l’impression d’une seconde couleur dans un travail graphique sériel. Dans ce même domaine, la contre-forme est l’espace de la feuille qui reste après la découpe d’une forme.

La pièce Contre-forme est ainsi une série d’inversions. Elle est le choc et le contact étroit de nos regards chorégraphiques sur les pratiques sportives. Elle représente notre insistance à chercher les espaces creux, les « en-dehors » et les contours des gestes virtuoses et techniques des sportifs et des sportives que nous observons. Elle est l’espace négatif de chaque sport, ses angles morts, la contre-forme de Desport.

PRESSE
« Contre-forme » de Marie Orts, Roméo Agid et Talia de Vries – par Nicolas VillodreDanser, Canal historique

 

CARNE

Avec en point de départ la FIN et ses célébrations , Audrey Bodiguel s’engage dans une exploration scénique, plastique et performative du passage de la présence à l’absence, de l’incarnation à la carne inanimée, du vivant et de l’artifice.

« Lors d’une précédente pièce je me suis intéressée aux célébrations mortuaires. C’est là qu’on m’a parlé d’humusation, un processus de transformation du corps d’un.e défunt.e en « compost » à l’aide de micro-organismes. Ce procédé est interdit en France. Naît alors en moi, la conviction que si les humain.e.s n’acceptent pas ce type de processus, qui met notre corps à égalité du monde alors il me semble difficile d’aller au bout d’une pensée philosophique et écologique contemporaine qui nous remet à nos places de vivant.e.s au milieu du vivant, en toute horizontalité.

En m’intéressant au monde funéraire, je me suis rendu compte du peu d’informations et du tabou qu’il règne autour du sujet. Beaucoup de choses sont possibles, et notamment une ré-appropriation de la cérémonie, sans que la plupart des gens n’en soit au courant. Nous sommes souvent devant le fait accompli, avec la volonté d’en finir avec certaines démarches matérielles. Or, si nous nous défaisons de rituels passés, alors que ré-inventons-nous pour honorer et faire une place à nos morts ?

Du cercueil personnalisé au Ghana, en passant par Auctus vitae, l’application française qui partage des photos et des sons en lien avec la personne décédée via des QR codes sur les tombes, il y a une inventivité bien présente. Pour moi, cette capacité de création révèle un lien entre spectacle et célébration.
Ici, je me permets de fabuler sur mes funérailles. Un hommage à moi-même, mais à côté de la plaque. Evoquer la mort en étant pleine de vie. Me surexposer puis finir en compost. Me mettre au centre pour mieux disparaître. Incarner ce qui se désincarne. Je questionne cette posture propre à l’humain, qui jusqu’au bout de sa vie, ne se prend pas pour un animal comme les autres. CARNE, (prononcez CARNEU), c’est la chair, la viande, exemple : « vieille carne ». En tant que danseuse et chorégraphe, je me pose la question : que va devenir mon corps ?

En Corée, des entreprises vous proposent de « vivre » vos fausses funérailles, afin de s’inventer un « après », une sorte de « renaissance ». Avec CARNE, j’invente une cérémonie ultra-personnalisée, poussée jusqu’au « bling-bling », avec une figure ultra-présente, presque immortelle. Liberace et ses strass de la Las Vegas sont une des inspirations. Cercueil tunning, écran intégré, bar à cocktail intégré ou encore madison/flash mob d’adieu. Tenter de contrôler jusqu’à sa propre mort, figer une image de soi et transmettre au public en présence ses dernières volontés, comme les exécuteurs testamentaires. Je pars de cet extrême qui m’évoque un monde, pour aller jusqu’à la polarité inverse : finir en compost, se soumettre à l’incontrôlable et à la matière organique en mouvement. Par ce prisme, CARNE évoque la fin d’un monde, d’une pensée et son effondrement. Comment apprendre à redevenir mortels et comment nous réconcilier avec notre impermanence : CARNE dans sa dramaturgie, suit ce processus, strate après strate.

Accepter de perdre de sa superbe et que quelque chose s’effondre, pour accéder à ce qu’est notre corps réellement : un organisme vivant, en perpétuel mouvement. Alors la mort devient vie et le cycle pose la question inverse : n’est-pas le personnage « bling bling » du début qui semble mort et l’absence de la fin qui nous laisse un souvenir vivant ? »

Audrey Bodiguel

PRESSE
Carne : mourir sur scène, devant les projecteurs / Cédric Chaory16 janvier 2026

EXTRAIT :  » (…) Avec CARNE, Audrey Bodiguel fabule ses propres funérailles pour mieux interroger notre rapport à la finitude, à l’artifice, à cette obsession humaine de vouloir contrôler jusqu’à sa disparition. De la diva bling-bling au compost interdit, de l’hyper-présence à l’effacement organique, la pièce suit un effondrement par strates. Elle pose une question simple, presque indécente : et si le personnage du début était déjà mort, tandis que l’absence finale nous laissait, paradoxalement, une trace vivante ?

Dans ce monde qui s’acharne à célébrer ses ruines, CARNE ressemble à un hommage déplacé — à soi-même, à nos rituels, à notre incapacité chronique à accepter l’impermanence. Et c’est précisément là que réside sa troublante honnêteté. »

Audrey Bodiguel au bout de sa vie dans « Carne » / Nathalie Yokel – 17 mars 2026

EXTRAIT :  » (…)Carne, c’est aussi l’histoire de ce que l’on veut pour nos corps, dans toutes ses ambivalences. Entre le corps-spectacle, toujours dans la lumière, le corps-humus qui disparait sous les feuilles, Audrey Bodiguel traverse différents états et rituels qui interrogent notre propre rapport à la disparition. Beaucoup d’anecdotes, d’images et de qualités de mouvement peuplent ce solo et font la richesse du projet, que l’on préfère au retour du personnage qui tente, dans son exubérance, de nous faire chanter. Mais la danseuse réussit à soigner sa sortie (en position verticale, cette fois), douce et dans le mystère de la mort : « Ce n’est pas parce que pars que je m’en vais. Je suis encore là ». »

Le temps des fins

Dernier appel de la forêt

Je viens de la campagne.

Depuis gamin, j’écris sur les arbres. À l’école primaire au couteau nous gravions nos noms avec mon amoureuse de l’époque dans l’écorce d’un sapin. Puis plus tard, une fois devenu auteur, j’ai eu l’envie pulsionnelle et répétitive de plonger mes personnages dans l’univers sylvestre. La forêt, ses habitant·es : humains et non-humains.

J’y voyais là un espace intéressant de poésie et de politique. Car en effet juste à côté de chez moi co-existaient les pensées réactionnaires les plus crasses et les pensées révolutionnaires les plus avancées qui s’exprimaient justement dans le rapport que chacune de ces pensées entretenait avec le règne animal et la forêt. D’un côté la chasse, les chasseurs, le vote frontiste, la masculinité toxique, de l’autre Bure (Zad où un centre d’enfouissement de déchets radioactifs voyait le jour), l’émancipation collective, la recherche d’une utopie commune, d’un archipel.

Durant mes études et mes lectures, je me suis souvent posé la question de l’engagement politique. Faut-il lutter au sein du système ? Créer un monde en dehors de celui-ci ? Ou bien faut-il tout brûler ? Produire une tabula rasa susceptible de recréer un monde sur des bases plus saines…

Dans Le temps des fins, il est question de tout cela. D’utopies et de forêts. De fin d’un monde, de désastre annoncé, et surtout, et toujours, de luttes. Car face aux annonces collapsologistes d’un effondrement programmé, d’un monde en sursis, quelles armes avons nous pour lutter ?

Le temps des fins sera le récit de ces hommes et femmes sans monde, pris·es au piège entre un monde qui tarde à mourir et un autre qui tarde à naître.

Guillaume Cayet

Les corps incorruptibles

Enquête intime sur la gestion des dépouilles mortelles, Les corps incorruptibles est le premier volet de la trilogie consacrée aux questions liées à la mort.

Mais quelle est donc cette « crise contemporaine de la mort  » (*) à laquelle nous sommes confronté.e.s?
À défaut de pouvoir appréhender le mystère de la mort, comment pouvons-nous prendre soin de nos défunt-es ?
Aujourd’hui en France, à l’abri des regards, la mort est devenue un domaine lucratif appartenant en majorité au secteur privé. La thanatopraxie s’occupe de la conservation des cadavres pendant que la législation nous dépossède des soins apportés à nos proches. Mais d’autres pays n’ont pas pris la même voie.
À partir d’une enquête intime et de terrain, Aurélia Lüscher nous invite à regarder en face la finitude humaine et à réenchanter nos rites funéraires en prenant en compte les préoccupations écologiques.
Au cours de cette performance à la croisée des arts plastiques et du théâtre, la comédienne en dialogue avec sa mère, cherche avec une grande pertinence à nous réconcilier avec le cycle biologique de la vie.

Le titre, Les corps incorruptibles, fait écho à un phénomène reconnu comme « miracle » par l’Église catholique : la non-putréfaction des cadavres.

*  Edgar Morin  « L’homme et la mort »

PRESSE

« Aurélia Lüscher, vive et tonique, est à l’œuvre. (…) Sculptrice taillant avec constance et patience la pierre ou le marbre de sa statue, elle redonne vie à l’harmonie charnelle de la figure gisante. (…) Un spectacle rare et audacieux.« 
— Véronique Hotte, Hottello

« La céramiste, comédienne, autrice touche à l’humain et signe une folle épopée mortuaire portée par son énergie un brin nonchalante. Loin du drame, elle bouscule nos convictions et nous invite à rêver un autre rapport au monde, où la mort retrouve enfin sa place dans la vie. »
— Olivier Frégaville-Gratian d’Amore, Coups d’Œil (L’Œil d’Olivier)

« L’étonnant spectacle performance d’Aurélia Lüscher est un salvateur voyage. (…) Redécouvrant les liens entre théâtre et mort, deux rituels, elle nous guide superbement en voyage inconnu. »
— Fabienne Pascaud, Télérama
 
« La metteuse en scène parvient le tour de force de se balader avec le mot « cadavre » floqué dans le dos et de nous parler de notre devenir macchabée avec la légèreté de l’intagrammeuse évoquant son canapé moka… »
— Sonya Faure, Libération
 
« Aurélia Lüscher explore de façon audacieuse la mort dans la société occidentale contemporaine qui fait tout pour la tenir à distance. Délicate tentative de réconciliation avec le cycle de la vie, « Les corps incorruptibles » restaure le rituel funéraire en réinjectant de la poésie dans les funérailles. » 
— Guillaume Lasserre, Médiapart

Jeune mort

Jeune mort est un récit violent, à vif.

Le récit d’une jeunesse brisée.
Le récit d’un embrasement.
La chronique journalière d’un homme, au milieu d’autres, le jour de l’inauguration par la mairie d’un centre d’accueil pour réfugié·es.
Guillaume Cayet

Avec Jeune mort, Guillaume Cayet poursuit son travail à la lisière de l’écriture politique et poétique. Ici il se déploie de façon très intimiste, dans un dispositif radiophonique-live, accompagné par le compositeur musical Karam Al Zouhir, et le créateur sonore Antoine Briot ; une façon de faire parvenir la parole et l’imaginaire au plus près.

Il n’y a pas plus casanier qu’un animal sauvage

« Le travail avec les danseur.se.s amateur.ice.s tient une place importante dans mon parcours. En tant que danseur, j’ai accompagné plusieurs chorégraphes dans des créations participatives : Olivia Grandville (FOULES – 2014), Tatiana Julien (Turbulences – 2018), Aurélie Gandit (Visite dansée de l’Arsenal de Metz – 2015).

Avec mon travail, j’ai développé des danses et des outils de transmission accessibles au plus grand nombre, ce qui m’a permis d’aller à la rencontre de nombreux.ses amateur.ice.s. Au fur et à mesure, l’envie de faire une pièce pour et avec ce public est devenue une évidence.

C’est pourquoi en 2024 et 2025, je vais mener un laboratoire de recherche qui sera le point de départ d’une future création. J’y questionnerai les comportements que développent les animaux pour entrer en relation, à travers un langage non verbal qui s’appuie sur le corps. Je souhaite me concentrer principalement sur les comportements adoptés lors des parades amoureuses.

Nous autres, êtres humains, avons la fâcheuse tendance à nous exclure du règne animal, nous coupant souvent de nos instincts primitifs afin de répondre à des normes sociétales. Pourtant il suffit d’observer des personnes dans des contextes de séduction, entre autres, pour voir que nos corps s’expriment souvent au-delà de notre contrôle et de notre perception. Dans ce laboratoire, j’aimerais que les danseurs et danseuses se reconnectent à leur animalité pour inventer des rituels de séduction à la frontière des espèces. Il ne sera pas question de caricaturer des animaux mais plutôt de nous inspirer de certaines parades qui précèdent l’accouplement. Je pense par exemple aux animaux qui synchronisent leurs déplacements dans des danses spatiales, à d’autres qui transforment leur apparence corporelle, à ceux qui entrent dans des joutes ou émettent des sons particuliers.

En invitant des amateur.ices pour explorer ce thème, j’espère rencontrer des personnes au corps non formatés, à la gestuelle brute et instinctive. L’idée ne sera pas de leur faire traverser des danses complexes mais plutôt des états de corps, des qualités de mouvements et des actions concrètes (marcher, aller au sol, se regrouper etc.) en rapport à la musique. Je souhaite convoquer un nombre important de personnes (entre 20 et 30) afin d’aborder des travaux de groupe autour de l’idée de la meute et des rituels collectifs. J’aimerai également inviter des gens que l’on a peu l’habitude de voir au plateau, comme des personnes âgées ou en situation de handicap.

Dans mon travail chorégraphique, j’aime m’appuyer sur la structure d’une musique pour construire la danse. Jusqu’ici, j’ai toujours choisi des morceaux courts, qui n’ont pas de lien entre eux et que je rassemble au sein d’une même pièce. Pour ce nouveau projet je vais m’appuyer sur une seule œuvre musicale, ce qui me permettra de calquer la dramaturgie de la pièce sur la dramaturgie de cette musique. J’ai choisi une œuvre emblématique, très souvent utilisée en danse (oserais-je dire un cliché ?) : Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky. »

Sylvain Riéjou

Lucas et le temps

« Qui est ce Lucas ? Cette question est clairement le fil conducteur des sept scènes de la pièce. Répondre ? Non, vous vous promenez dans le labyrinthe, Lucas est un espace vide rempli de langage et d’indices de personnes. Absent et présent, tour à tour amant, frère, il joue le rôle central dans les histoires que deux femmes, 1 infirmière et l’autre sans doute d’un certain âge et en perte de mémoire, se racontent pour s’arracher quelque chose à l’écoulement du temps: un souvenir, une invention, un désir…»
Ce qui frappe dans ce texte, c’est autant son étrangeté que sa poésie; son abstraction autant que l’incroyable réveil de sensations qu’il procure en nous. J’ai été frappée par sa puissance visuelle et sonore qui tient parfois au moins autant du tableau impressionniste que du texte théâtral. C’est un texte en même temps très ludique qui nous invite à un lâcher prise de l’intellect pour aller vers une réception sensible et organique. C’est au fond, un formidable poème sonore ce qui m’a donné très envie de travailler ce texte au plateau comme un pièce radiophonique qui serait enregistrée à vue des spectateurs . Je pense à cette pièce comme une invitation à voir par les oreilles et entendre par le regard et vice-versa…C’est cette forme particulière et inédite qu’on va explorer pendant 2 semaines avec 2 magnifiques comédiennes: Hélène Raimbaud et Ruth Olaizola et un créateur son, Stéphane Fromentin, avec qui je co-dirigerai main dans la main ce projet. Une invitation au voyage, un voyage sensible et poétique dans les eaux de la mémoire, du temps et de l’enfance .
Marie-Laure Crochant
La première fois que j’ai lu Lucas et le Temps, j’ai eu la sensation que le récit pouvait se donner dans n’importe quel ordre. Il s’agit pour les deux personnages, et donc pour le spectateur, de reconstruire, au fur et à mesure de l’évocation de souvenirs, un semblant d’histoire.
De passé.
De vécu.
C’est pourquoi, j’aimerais envisager cette traversée comme une pièce sonore à l’ordre aléatoire. Elle prolongera cette sensation en nous amenant à perdre, nous aussi, tous nos repères temporels.
Ici, le passé et le présent ne seront plus qu’un.
Ne sont plus qu’un.
Ne sont plus.
Stéphane Fromentin

Le Poisson qui vivait dans les arbres

Avec ce second projet destiné à un jeune public, Sylvain Riéjou s’associe à l’auteur, illustrateur et comédien Hervé Walbecq. Sur scène, un duo d’interprètes joue et évolue avec des animaux oniriques, projetés sur un grand écran sous forme de dessins animés. Ils s’aventurent ensemble dans une exploration poétique de l’amitié entre espèces vivantes.

« Avec cette nouvelle pièce destinée aux jeunes spectateur.ices, j’entame pour la première fois une collaboration avec un autre artiste : le comédien, auteur et illustrateur jeunesse Hervé Walbecq. Ce dernier a publié plusieurs livres à l’École des loisirs et son univers a déjà inspiré deux metteurs en scène (Dorian Rossel et Pierre Guillois) qui ont créé des pièces pour et avec lui.

C’est à travers ses livres que j’ai découvert le travail d’Hervé. J’ai tout de suite été saisi par cet univers où l’imaginaire n’a pas de limite et où tout devient possible : entrer dans une pomme pour la visiter, voir ses larmes se transformer en escargots, faire un élevage d’oreilles sur sa tête, laisser son ombre partir en voyage avec le chien du voisin…

Dans cet univers farfelu se dessine une véritable poésie qui s’incarne autant dans les mots que dans les illustrations de ce dessinateur autodidacte. Des dessins où les traits noirs sur fond blanc, simples mais non simplistes, offrent au lecteur des points de départ pour partir en voyage intérieur, sans jamais lui imposer de direction précise.

Mon travail a pour particularité d’être assez didactique. Celui d’Hervé est plus poétique. Je vois dans cette collaboration l’occasion de limiter l’expressivité des mots pour donner toute sa place à celle des corps. Ne pas chercher à tout expliquer et se laisser basculer dans un monde chimérique fait d’images abstraites, à partir desquelles l’imaginaire des enfants pourra s’envoler…

Ce spectacle racontera l’histoire d’une quête. Celle de deux personnages qui partent à la recherche d’une créature mystérieuse : le poisson qui vit dans les arbres. Telle Alice aux pays des merveilles, ils auront des étapes à franchir, des plans à échafauder, des missions à accomplir. En chemin, ils vont traverser différents biotopes (terrestres, aquatiques, aériens) et rencontrer des animaux, plus ou moins réalistes, tout droit sortis de l’univers d’Hervé. Ces derniers seront des guides qui les accompagneront tout au long de leur périple. »

                                                                                         Sylvain Riéjou

Le Balotop

« Quelle est LA chanson qui vous donne envie de danser ? »

C’est la question posée aux publics des lieux qui accueillent le Balotop.
Leurs réponses permettent de composer un “Top 5“ des chansons les plus dansantes qui constitue la base musicale d’un bal participatif. Envisagé comme une cérémonie, ce rendez-vous festif dévoile ces 5 chansons dans une mise en scène ludique, avec la complicité de danseur.ses amateur.rices.

Pour entrer dans la danse, les participant.es sont invité.es sur chaque chanson à suivre un principe chorégraphique. Inspirés de danses populaires (bourrée, madison, menuet etc), ces principes sont simples afin que le plus grand nombre puisse les intégrer et que ce bal soit le plus inclusif possible. Quand les corps sont déliés et les esprits désinhibés, un bal plus libre peut commencer…

Lors des bals, nombreux sont celles et ceux qui n’osent pas se mettre à danser car il.elle.s pensent ne pas savoir. Ayant toujours trouvé dans la danse un espace de liberté, je suis persuadé que tout le monde peut danser et y prendre du plaisir. Il suffit juste de trouver la porte d’entrée. Avec ce bal, je souhaite non seulement aider les participant.es à la trouver mais aussi à l’ouvrir.

Partant du principe qu’un bal est un lieu de rassemblement pluri culturel, il devient le reflet d’une société. J’espère donc que ce bal deviendra celui de la communauté qui gravite autour la structure qui accueille ce Balotop. Un reflet toujours en mouvement, bien sûr…

Sylvain Riéjou