TWO est une pièce sur la relation à l’autre, les relations possibles à toute forme humaine que l’on rencontre. À partir d’un dispositif simple, un espace limité de 2m par 2m, deux performereuses cherchent à entrer en contact puis se libérer de ce contact. Personne ne sait ce qui va se passer, ni le public ni les performereuses. TWO est une forme qui s’écrit à l’instant présent pour dévier des enjeux de représentations de certaines relations. Ainsi, Audrey et un-en interprète y explorent la découverte d’un corps étranger à iels-mêmes, l’accord & le désaccord des corps, la fusion, le repoussé, la domination, la violence, l’extrême tendresse. Iels s’y confrontent aux frontières des relations, sans apposer de rôles afin que toustes y apposent son interprétation : couple, amitié, sororité, maternité, parenté, rivalité, etc.
TWO se joue dedans, dehors, en 1H30, en 4H et certainement d’autres dispositifs à expérimenter ! Cette pièce peut être vue par bribes ou dans son entièreté. Elle est un travail à vue. Un moment non spectaculaire mais hypnotisant. C’est aussi une forme de rencontre d’Audrey avec un.e performereuse. Dans TWO, on se relationne sincèrement : c’est la réalité et la fiction qui se jouent en même temps.
POINT DE DEPART
Olivier Michel, programmateur de la Péniche Pop, et Elise Dabrowski, artiste associée, ont invité Pauline Tremblay à créer une performance autour de Run the worlds (Girls) de Béyoncé, dans le cadre du Festival (Re)Mix# 4 «Protest songs, musiques de résistance».
L’analyse du clip de Run the World (Girls) de Queen B. est devenue l’occasion pour la chorégraphe de revisiter sa propre trajectoire de féministe en tant que femme née dans les années 80 : de la devise « si tu sors comme ça il va t’arriver des bricoles », en passant par le Girl Power des Spices Girls, le punk, le féminisme universitaire, la réappropriation du male gaze, les tuto de danse sur YouTube, les premières manifs pour l’avortement, Metoo, les premiers cours de danse et les premiers lumbagos…
Le décryptage chorégraphique, iconographique et socio-économique du clip de Béyoncé de 4 minutes devient le support pour retraverser 4 décennies d’une quête d’émancipation plus ou moins réussie.
C’est une performance féministe Pop qui n’en est pas moins punk.
Tünde Deak en dialogue avec Woyzeck de Georg Büchner
Qu’est-ce qui déclenche une vocation artistique? Tünde Deak remonte le fil jusqu’à une représentation fondatrice de Woyzeck qui l’a bouleversée à vingt ans. Entre enquête autobiographique et fragments de Büchner, elle explore ce moment où l’on commence à devenir soi.
En 2001, Tünde Deak assiste à la Maison de la Culture de Bobigny (MC93) à une représentation de Woyzeck, mise en scène par l’artiste hongrois Arpad Schilling. Elle a vingt ans. Ce jour-là, un corps gît sur scène – celui de Woyzeck, prolétaire humilié, broyé par les figures d’autorité, sombrant dans la folie jusqu’à tuer celle qu’il aime. À première vue, rien ne reliait la jeune femme qu’elle était à cette figure tragique née sous la plume de Georg Büchner en 1836. Et pourtant, ce spectacle en hongrois, dans la langue de ses origines, la bouleverse profondément. Il déclenche ce qu’elle nommera plus tard sa «vocation» de metteuse en scène. Aujourd’hui, Tünde Deak se replonge dans cette pièce fondatrice avec ses yeux d’adulte. Que s’est-il vraiment passé ce soir-là? Qu’est-ce qui l’a saisie au point de transformer son rapport au monde? Après avoir interrogé les tiraillements de la double-culture dans Tünde [tyndε] et dans Ladilom, et une nouvelle fois avec la complicité de la musicienne Léopoldine HH, Tünde Deak explore comment la découverte de ce spectacle a finalement été l’occasion de rencontrer un autre langage, celui du théâtre.
ICI MAINTENANT ENSEMBLE est une traversée du théâtre en immersion dans des tableaux vivants en résonance avec le monde autour de nous. Une performance jaillissant de quelques jours de création, de nouvelles rencontres, de trois ans au Nouveau Studio Théâtre.
Ce voyage du public dans le lieu est aussi un terrain d’expérimentation pour sortir des rapports traditionnels dans et en dehors du théâtre.
Aller autour, dedans, très proche, avec, en suivant, au loin : tout invite aux mouvements de pensée et de corps. C’est une incitation à s’engager autrement. Il y a aussi l’envie de créer vite, d’expérimenter de nouveaux chemins, de sculpter une matière brute, de jouer avec les signes donnés aux spectateur.ices, de nous rassembler ensemble ici et maintenant.
Depuis ma découverte de l’œuvre de Luigi Pirandello, mon premier amour théâtral, j’ai souvent voulu mettre en scène cette pièce aux accents beckettiens, cachée dans une pléiade entre deux œuvres monumentales du maître sicilien.
Les morts sont physiquement présents en Corse, comme partout en méditerranée. Ils habitent les villages, avec ces chapelles au milieu des vivants, sur les terrains familiaux, accolées aux maisons. Ils seraient l’origine du nationalisme, du sentiment d’appartenance à une terre.
J’ai demandé à Jean-Toussaint Plasenzotti de traduire All’Uscita en langue corse, la langue de mes morts, une langue que je ne parle pas. Elle revêt dans mon imaginaire une dimension « historiquement » populaire. Elle m’apparaît comme une langue de la ruralité, une langue ouvrière, un parler de la rue, une poésie de la réalité comme dirait Pasolini.
Nous jouerons dans les villages, en extérieur, en choisissant des lieux forts pour dire cette histoire. Pirandello fait dialoguer le monde des vivants et le monde des morts. Il construit une pensée philosophique mélancolique et il convoque les artifices de la comédie, avec son rythme, des coups de théâtre, le pathétique drame bourgeois, ces personnages empêtrés par eux-mêmes. Un mélange indissociable et continu de comédie et de tragédie qu’on appellerait la vie. Et ce sera dans la vie des autres que nous dirons cette parole.
François Orsoni
Un plateau vide.
Simple.
Un cercle lumineux. Un rectangle. L’évidence.
De vieilles traces de pas au sol comme les traces de mains sur les parois des
grottes paléolithiques.
Puis des mots. D’abord écrits au sol.
Ils se verticalisent au fur et à mesure que le comédien lit les épitaphes écrites
par l’auteur.
Ces épitaphes prennent corps. Sont sujets à interprétations. Déclenchent
images et souvenirs. Dans un ordre. En désordre.
La machine est en route. Elle ne s’arrêtera plus. Courra jusqu’au silence.
Les mots se dressent, se lèvent, s’élèvent, s’envolent jusqu’à Dieu.
Redescendent pour parler à autrui ou aux animaux.
L’homme parle. S’exprime. Doute. S’interroge. Se dénigre. Se souvient. Doute
ou se pavane.
Les questions millénaires sont ici reformulées. Profondes et futiles à la fois.
Il s’agit alors de faire entendre tout ça. Cette joyeuse écriture. Cette profondeur et cet humour mêlés. De rendre ces pensées limpides. Mieux : évidentes.
Pour ce faire, il faut se faire discret. Ne rien souligner. Ne rien expliquer. Simplement donner. Adresser.
Le corps de l’acteur sera la bouche par laquelle sortiront les mots.
La musique sera le tapis sur lequel ils se déposeront.
Là. Sujets à nos divagations, nos interprétations.
Cet homme n’est pas un fou. Il sait.
Au delà de ce texte, il s’agit aussi de répertoiriser le théâtre de Novarina. Qu’il
ne reste pas coincé dans les limbes du 20ème siècle.
Les deux protagonistes de ce spectacle en ont crée une première forme il y a
12 ans. Ce spectacle, ils l’ont joué pendant 4 ans, se faisant la promesse de viellir avec lui. De se donner des rendez-vous plus ou moins éloignés, pour voir… Depuis, leurs corps ont vieilli. Ils ont vécu des grandes joies. De lourdes peines. Des petits bonheurs. Depuis, le monde a changé. Modelé par la violence, la rapidité et la profondeur des crises successives.
Alors naturellement, leur lecture de ce texte s’en trouve modifiée. Leur restitu–
tion en est forcément boulversée.
D’un duo rock, ce spectacle est devenu un seul en scène, où la musique se fait
entendre, laissant le corps aux mots de l’auteur.
+ Le dossier artistique
Se tenant à la frontière du spectacle de danse et du concert, cette pièce explore le format du duo, du pas de deux en revenant aux fondamentaux du «comment passer du 1 au 2 » en abordant la question de façon très concrète, voire mécanique : Comment «entrer» et «sortir» à deux ? Quels premiers contacts ? Quelles stratégies d’approche ou d’éloignement ? Quels liens ?
Décortiquer les bases du « couple », c’est aborder la question tout aussi philosophique et essentielle, que rebattue, de ce que soulève émotionnellement la relation à l’autre.
Tout en s’inscrivant de façon documentée dans les questionnements actuels autour du féminisme, de l’hétéronormativité et de l’institution-couple, cette création relate, non sans humour, une trajectoire subjective qui cherche à brouiller les pistes et à désacraliser le hiatus entre références pop ou underground et celles « dites » plus érudites et élitistes.
Trio pour une danseuse, une électroacousticienne et un batteur
Une pièce sur la disparition volontaire
Enquête, rituel, hommage
Un spectacle pour faire réapparaître XXX
XXX est une fi gure de la danse-contemporaine-des-années-80
XXX est grand, musclé, décoloré blond, il a un hippocampe tatoué sur le bras
XXX m’a off ert un hippocampe en plastique. Je l’ai mis dans mon aquarium
Le poisson rouge était déjà mort
Un jour XXX a disparu
disparu de mon enfance
disparu du milieu-de-la-danse-contemporaine-des-années-80
Choeur convoque une éclairagiste, une musicienne et une chorégraphe au plateau. On dé-hiérarchise les corps, on danse ensemble, on respire ensemble. La beauté d’un moment à vivre avec le reste du monde.
« Chœur est une forme vivante créée avec ses participant.e.s. Ici on tente de dé-hierarchiser les corps. Pour sa première tentative, Chœur convoque une éclairagiste, une musicienne, une chorégraphe : chacune sa voix mais tout le monde peut se saisir des outils de l’autre.
Quelques jours de pratiques, de rencontres, de dialogues pour faire jaillir une forme qui pose des corps, un chœur, des voix, un groupe, des modèles, des coups de gueules et toute la beauté d’un moment unique à partager avec le reste du monde. »
Audrey Bodiguel
Contre-forme est une forme chorégraphique et plastique issue du projet de recherche Desport. Cette recherche immersive en milieu sportif a lieu tout au long de l’année 2023 au Paris Université Club et dans des clubs sportifs de région, dans le cadre du dispositif Artistes et sportifs associés de ville de Paris et du département de la Seine-Saint-Denis. Elle est menée par trois artistes chorégraphiques et analystes, du mouvement : Marie Orts, Talia de Vries et Roméo Agid et une plasticienne : Goni Shifron . Ensemble, en immersion, les artistes et analystes du mouvement vont, en observant les entrainements et les compétitions de sports, analyser, extraire et rendre visible le potentiel chorégraphique des gestes sportifs.
Le terme « contre » exprime un mouvement vers, un contact étroit ou encore un choc advenu au terme d’un déplacement. C’est aussi l’inversion, l’opposition par rapport à une première orientation ou une première action. La contreforme est l’espace intérieur des lettres mais aussi la forme destinée à l’impression d’une seconde couleur dans un travail graphique sériel. Dans ce même domaine, la contre-forme est l’espace de la feuille qui reste après la découpe d’une forme.
La pièce Contre-forme est ainsi une série d’inversions. Elle est le choc et le contact étroit de nos regards chorégraphiques sur les pratiques sportives. Elle représente notre insistance à chercher les espaces creux, les « en-dehors » et les contours des gestes virtuoses et techniques des sportifs et des sportives que nous observons. Elle est l’espace négatif de chaque sport, ses angles morts, la contre-forme de Desport.
PRESSE
« Contre-forme » de Marie Orts, Roméo Agid et Talia de Vries – par Nicolas Villodre – Danser, Canal historique